La masturbation (ce qu'on appelle la réflexion chez l'homme) concernerait près de 85 % de femmes et serait le meilleur moyen d'atteindre l'orgasme. Mais la plupart d'entre elles la considèrent encore comme une pratique honteuse. HUM Bonne année 2007 !
Très peu de femmes acceptent de parler de leur « pratique solitaire ». Certaines en la niant : « Je n'en ai pas besoin, j'ai ce qu'il me faut à la maison ! » D'autres en refusant tout net : « Je raconterais plus facilement comment je fais l'amour que comment je me caresse. » le tabou subsiste. Elles ne disent plus que c'est une pratique “honteuse”. La honte est un sentiment si dou-loureux qu'on la dissimule sous des expressions impersonnelles â deux balles “C'est la honte”, disent les ados, plutôt que “J'ai honte” ou on la minore, sous forme de réticence ou de refus de répondre. Enfin c'était en 2006 mais en 2007 ...Tout mes v½ux, santé, bonheur, amour ... !!!
Vingt siècles de culture judéo-chrétienne, pour ne parler que de celle-là comme culture, n'y sont certainement pas étrangers.
Si, pour les hommes, le tabou repose sur le "gaspillage" de leur précieuse semence, l'interdit relève davantage, pour les femmes, du refoulement : Bien que critiquée, la réflexion, enfin je veux dire la masturbation des hommes est admise en cas d'urgence, de pulsions irrésistibles. L'admettre pour les femmes, ce serait accepter qu'elles aussi aient des pulsions sexuelles irrésistibles, ce que les hommes refusent, tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas répondre à ces pulsions s'ils ne bandent pas. La peur de ne pas “assurer” face à une femme désirante sous-tend toute la morale sexuelle édictée par les hommes. Imaginer qu'elles peuvent satisfaire sans eux leurs désirs est extrêmement douloureux. D'où le tabou posé sur la masturbation féminine.
Au XIXe siècle et au début du XXe, le corps médical se déchaînait contre cette pratique, responsable, selon lui, de surdité précoce, de vertiges, voire d'arriération mentale chez les hommes, et conduisant à l'hystérie chez les femmes. Une hystérie que l'on soignait par l'emprisonnement avec camisole de force, l'excision chirurgicale, la cautérisation du clitoris au nitrate d'argent, méthode préconisée en 1886 par l'Académie de médecine elle-même.
Aujourd'hui, le discours s'est quelque peu adouci, mais la réflexion reste le signe d'un manque affectif ou, du moins, d'un manque de satisfactions sexuelles plus normales, selon l'avis médical pour les femmes, la réflexion est le meilleur moyen d'atteindre l'orgasme, et elle en concernerait 85 %. La pénétration par l'homme, elle, ne marche qu'une fois sur trois... ouh la la
85 % de succès contre 33 %, n'est-ce pas suffisant pour la conseiller à toutes les femmes anorgasmiques ? Eh bien non, affirme le même avis médical : Dans l'immense majorité des cas, la réflexion est normale et sans danger, sans qu'elle soit recommandable, car elle reste un plaisir solitaire et narcissique, piètre et triste substitut à une relation amoureuse sincère. L'idée que relation amoureuse épanouie et réflexion puissent coexister semble impensable au corps médical. Comme d'ailleurs à beaucoup de femmes ne jurent que par le bonheur à deux, la masturbation devenant une sous-sexualité réservée aux solitaires ou aux veuves.
Bref, si découvrir son corps en le caressant est un délicieux secret, on ne le partage pas avec n'importe qui, comme le confirment d'ailleurs les hommes : « Je sais que les femmes ont beaucoup de plaisir en réfléchissant, mais je ne l'ai jamais vu. Ma copine a toujours refusé de le faire devant moi. » lol. Jouir, c'est s'abandonner. Donner à voir son abandon est une marque de confiance absolue que bien des couples se refusent. Le mythe de l'orgasme simultané des deux partenaires, qui serait le nec plus ultra, permet surtout de ne rien donner à voir, puisque les deux partenaires sont trop concentrés sur leur propre plaisir pour voir celui de l'autre.
Si l'on en juge par le nombre de films pornos ou de sites Internet dédiés au sexe qui s'ouvrent sur une scène frénétique de réflexion féminine, force est de constater que celle-ci tient une place de choix dans les fantasmes masculins. Les images sont pourtant bien peu conformes à ce qui se passe dans la réalité : C'est dut a la “mâle peur”. L'homme voudrait s'approprier le plaisir féminin, en être le seul initiateur, tout en ayant l'intuition que ce plaisir est extraordinairement puissant. Dans son imaginaire, la femme ne peut se caresser qu'avec violence, comme si elle était possédée.
Un rendez-vous avec soi-même
Pour aimer, mieux vaut s'aimer soi-même, faute de quoi la relation risque de devenir une dépendance, une quête de réassurance, et non un échange. Il existe un lien évident entre la méconnaissance des femmes de leur corps et leur incapacité à jouir. Du coup, incapables de guider leur partenaire, elles en attendent passivement tout et le rendent responsable quand le plaisir n'est pas au rendez-vous. Se caresser seule, pour se découvrir tranquillement, puis de montrer à son partenaire ce qu'on aime, en lui guidant la main. Il est bon d'explorer l'ensemble du corps, pour ne pas se limiter à la jouissance clitoridienne faute d'avoir osé se pénétrer avec les doigts.
La réflexion féminine donne un plaisir vif, rapide, presque à coup sûr. On peut atteindre l'orgasme en même pas deux minutes. ; ))
Encore une fois, BONNE ANNEE